Sarah : "Hymne à mes parents adoptifs. J’ai grandi. Je suis maintenant une femme. Je viens de si loin que j’ai eu besoin d’analyser ma renaissance à la vie. Je me sentais maudite. Maintenant, je peux dire « Oui, je suis aimée par la vie !
Je suis née dans les bas-fonds d’une grande ville. J’ai été violée, abandonnée, j’ai connu la violence et l’enfer du non amour…..
Et un jour, j’ai été adoptée. Un jour, un homme et une femme m’ont dit qu’ils m’aimaient. J’ai voulu tester. Mon agressivité était à la mesure de ma quête éperdue d’amour……
Maman, tu ne m’as pas portée dans ton ventre, mais pourtant, tu m’as enfantée à la vie.
Tu m’as nourrie du lait de ton amour maternel : ta patience, tes sourires, ton silence fécond, tes regards parfois chargés de reproches, mais toujours pleins d’espérance.
Pendant que maman séchait mes larmes, pendant que doucement, elle retricotait mon cœur effiloché, toi, papa, tu travaillais à me reconstruire……, à travers ton regard paternel chargé d’amour respectueux, j’ai pu découvrir ma dignité de femme.
Avec une grande délicatesse, mais néanmoins fermement, tu me propulsais vers le monde.
Ton regard tourné vers l’avenir me donnait du courage pour affronter cette humanité qui m’avait tant blessée.
J’étais tellement cassée dans tous les sens, qu’il me fallait la tendresse d’une mère, les épaules et la force d’un père. Sur le lit de votre amour mutuel d’homme et de femme, à mon insu, j’ai pu m’abandonner et lâcher mes défenses……..Je peux maintenant devenir mère à mon tour".
L’abandon est une très grave blessure.
Pourquoi ne pas vouloir offrir le "mieux du mieux " c'est-à-dire un papa et une maman, à ces enfants déjà si blessés par la vie.
L’adoption est destinée à réparer une situation de détresse pour l’enfant. Brouiller la filiation par une adoption par un couple homosexuel risque d’aggraver le traumatisme adoption - filiation.
Toutes les observations cliniques le démontrent. L'adoption dite simple par une personne seule, même si elle autorisée par la loi, n’est pas souhaitable pour l’enfant.
Attention aux solutions compassionnelles et apparemment simples. Il est possible de causer beaucoup de blessures au nom du bien.
L’orphelinat est une réponse traumatisante à la blessure de l’abandon. L'homoparentalité c'est à dire l’adoption par des couples homosexuels est également une réponse traumatisante à cette blessure de l'abandon.
Au début de l’adolescence, la perte de l’enfance est un passage important, difficile. L’adolescent a un deuil à faire.
L’enfant adopté vit un autre deuil bien réel qui ne doit être ni nié, ni évité, le deuil de ses deux parents biologiques.
Cela va rendre plus difficile, voire plus douloureux le passage à l’adolescence.
Est-ce que je choisis, par le biais de l'homoparentalité, de lui faire vivre un troisième deuil, celui d’une famille complète ? Est-ce que je choisis de lui offrir une famille hémiplégique, une famille à qui il manquera un membre vital, le père ou la mère ?
En réalité, si on regarde la question du côte de l’intérêt de l’enfant, le problème n’existe pas vraiment : beaucoup de couples hétérosexués souhaitent adopter un enfant et n’en trouvent pas.
« L’agence Française de l'Adoption » et « Mission de l'Adoption Internationale » donnent ces chiffres : en 2006, il y avait 25.000 couples (composés d’un homme et d’une femme) en attente d’adoption tandis que 5 fois moins d’enfants étaient en attente d’être adoptés (environ 5.000).
dossier : homoparentalité
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