Julia - 22 ans :"Je suis au seuil de mon mariage, et je vais bientôt fermer le tome 1 du livre de ma vie. Papa et maman, je voudrais vous dire merci, merci pour toutes ces années que vous avez passées à me façonner pour m’aider à me construire.
…………et toi, papa…Petite fille, comme j’étais fière ! Tu me regardais, et tu me disais gravement : « Tu es belle , ma fille, tu as les yeux de ta mère. »
Plus tard, adolescente, j’ai voulu porter des jupes très courtes. C’était la mode. J’étais à cette époque un peu en rébellion contre maman. Tu es rentré, et tu as lancé un retentissant « Mais tu as des jambes superbes ! »
Puis tu m’as parlé du respect et de la pudeur. Je bougonnais, mais je ne perdais pas une miette de tes paroles.
Et ce jour de Noël, quand tu nous as offert, à maman et à chacune de nous, un flacon de parfum. J’étais encore jeune, mais je me suis sentie fière d’être femme !......".
Si la complicité fusionnelle mère - enfant est déterminante dans la mise en place des premières identifications, le regard du père est fondateur dans la constitution de la féminité et de la masculinité.
Au moment de l’adolescence, le jeune a besoin de se construire en prenant l’adulte comme repère :
C’est le moment où il prend une identité sexuée et renonce à l’ambivalence sexuelle. C’est le moment où il va se construire en tant qu’homme ou en tant que femme.
Pour le garçon, le regard du père est important car il lui apporte une valeur en tant qu’homme. S’il n’existe pas, l’adolescent perd l’aide dont il a besoin pour se construire et tente de le chercher ailleurs. Cet échange, cette confrontation lui sont nécessaires. Le regard de son père lui donne de la valeur.
La petite fille, puis l’adolescente et enfin l’adulte va devenir femme grâce à la qualité du regard de son père.
Construction douloureuse parfois, difficile souvent :
« Le père crée la femme au travers d’un double regard : un regard d’amour qui, sans être jamais amoureux, définit sa fille en tant que femme ; mais aussi un regard pensant, la légitimant en tant que sujet, lui aussi pensant, et non pas seulement comme objet de désir. » (Didier Lauru).
« L’adolescente a besoin de se sentir bien dans son corps de femme. Elle a besoin de sentir qu’elle est attrayante et qu’elle plaît au sexe masculin. Le père a, entre autres, le rôle de lui communiquer ce sentiment de bien-être. ».
dossier : homoparentalité
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